mardi 6 avril 2010

[OLD] Suna no Ue no Rakuen de Ima Ichiko



On connait principalement Ichiko IMA (今市子) en France pour son excellent manga Le cortège des cent démons, édité chez Doki-Doki (et pour lequel elle a d'ailleurs remporté un prix d'excellence au JMAF 2006, et toc). Ce titre reste encore aujoud'hui sa plus longue série, la mangaka étant plutôt habituée aux histoires courtes et autres one-shots. En général, on peux regrouper ces derniers en trois grandes catégories : a) ceux plutôt de type fantastique et/ou horreur, b) Boy's Love, et c) mélange des cas susnommés. Suna no Ue no Rakuen s'avère être un peu plus exotique que ça, dans tous les sens du terme.

La ville oasis de Mimo est la plus grande cité-état au monde. Cernée par le désert, elle a longtemps été dirigée par la tribu des Rinezhi, des hommes à la peau blanche, blonds et aux yeux verts ou bleus. Ces derniers sont aujourd'hui plus ou moins en décadence, leur roi roi actuel, Akelia, n'est agé que de 15 ans. Pour apaiser les Agra, tribu du désert belliqueuse, il offre de marier son jeune frère à la fille du chef des tribus.


Et c'est au milieu de tout ça que débarquent à Mimo deux voyageurs un peu particuliers, un homme nommé Asilah qui a fait une croix sur son passé, et une femme nommée Raisa qui semble découvrir ce monde et être à la recherche de quelque chose. Très vite, elle va s'intéresser au palais impérial et plus particulièrement à la fontaine de la déesse de la mort, Euthanasie, et dont les serviteurs ont la forme d'animaux ailés à la voix mélodieuse et sont réputés pour emmener les âmes des morts avec eux...

Le décors est planté : intrigues de palais, tentatives d'assassinats et fuites se succèdent à vive allure. Comme d'habitude avec Ima Ichiko, l'histoire est dense et suit plusieurs intrigues en parallèle, chacune menée par un personnage ou un couple de personnages différents. Le background comme la galerie de personnages, tous les deux particulièrement denses, font qu'on aurait souhaité voir l'histoire se prolonger. Mais le livre se termine sur une conclusion tout à fait satisfaisante, et qui introduit un mini-coup de théatre d'inspiration SF à ce qui était avant tout un manga de fantasy au look vaguement antiquité gréco-orientalo-romaine (voir les costumes des nobles) et des contes des mille et une nuits; un mélange qui rappelle certains mangas de Moto Hagio (yep, je pense un peu à Higashi no Chihei Nishi no Towa la séquelle de 11nin iru).



Suna no Ue no Rakuen fut publié initialement en 1997, et en version bunko en 2001 (c'est d'ailleurs à chaque fois étrange de voir des éditions bunko d'à peine 200 pages, espérons que ça ne donnera pas des idées aux éditeurs français qui ont commencé à utiliser le format...). Une nouvelle édition dans ces deux formats est apparue en 2007, comme pour pas mal d'autres titres de l'auteur, suite à la faillite de Asahi Sonorama et de sa prise de contrôle par Asahi Shimbunsha.


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Publication originale : 22 janvier 2008 (12:43) 

1 commentaire:

  1. Je viens de le finir et j'ai également pensé à Moto Hagio pour la première histoire dans l'univers désertique :) ! Et puis cette chute... J'aurais aimé le recueil entier dans cet univers. Il y a quelque chose dans les tenues, le dessin légèrement ancien, l'ambiance et la lenteur de l'histoire qui évoquent vraiment Hagio, la partie SF de sa carrière (et notamment Marginal). Les autres histoires ne font évidemment pas tâche, et je vais finir par croire qu'il n'y a pas de ratés dans les manga de Ichiko Ima... Les dessins sont comme toujours magnifiques... Je m'y replongerai avec plaisir (avec recherche dans le dictionnaire ^^ ça me donne une excuse pour le relire!).

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