mardi 6 avril 2010

[OLD] Crayon Shin-chan : Otona Teikoku no Gyakushû



(fanart de オトナ帝国の逆襲 pris ici)


Comme me l'a fait remarquer Tetho, la référence contenue dans le titre n'est pas le film Char de Gundam (Gyakushû no Char) mais le second film de la trilogie originale de Star Wars (Teikoku no gyakushû). Elle semble coller un peu plus en effet à la thématique principale de la nostalgie d'une époque révolue de ce film produit à une époque charnière (première diffusion sur les écrans japonais en avril 2001).

Shin-chan oblige, cette nostalgie est avant tout représentée dans les innombrables gags qui parsèment le film, comme la running-joke du père, Hiroshi, costumé en Ultraman (et qui lui permet de jouer les héros de la justice dans l'excellentissime scène d'intro du film) ou encore la mère, Misae, qui tente d'assouvir son envie d'être une magical-girl, Mahô Shôjo Misarin. Keiichi Hara ne laisse cette nostalgie dominer que dans deux scènes, celle où notre couple de vilains se ballade dans une rue commerçante du vieux Tokyo, et celle où Hiroshi se remémore ce qu'a été sa vie dans une scène où on le voit à vélo tandis que défilent les saisons puis les années.

Le film se déroule en grande partie dans un parc d'attraction bâti sur le modèle de l'Exposition universelle qui s'était tenue à Osaka en 1970. Comme on nous le rappelle dans le film, ce fut l'une des expos les plus populaires de tous les temps, avec 64 millions de visiteurs étalés sur les six mois qu'elle a durée, et un symbole de la modernisation accélérée que connait le Japon ces années-là. Une des attractions les plus populaires était le pavillon américain où les visiteurs pouvaient admirer les roches lunaires ramenées par Apollo, et qui ont inspirées plus d'un fan de SF...

Les deux vilains du film (qui restent anonymes jusqu'à la dernière minute, même si on peux deviner qui ils sont) sont persuadés que la vingtième siècle, et plus particulièrement l'époque des 60/70s, représente l'apogée de notre civilisation, celle où la plus grande partie de l'humanité a été heureuse. Ils décident donc de "stopper" le temps pour permettre aux gens de vivre dans un vingtième siècle éternel. Les parents de Shin-chan et de ses amis, tiraillés par leur nostalgie, se rallient comme un seul homme au projet, et c'est donc au jeune Shinnosuke et son équipe de choc de sauver le coup en tirant leurs parents des griffes du couple infernal. A la clé, on a en filigrane une critique de la nostalgie et du réflexe du "c'était mieux avant" assez étonnant pour un film très grand public.

Mais Otona Teikoku no Gyakushû reste du très bon Shin-chan, très bien animé et bien fun. Keiichi Hara assure le spectacle, comme dans cette inénarrable course-poursuite en chat-bus (tiens, j'ai cru voir la coccinelle de Lupin). Bref un excellent moment comme d'habitude avec Shin-chan, avec un petit supplément d'âme en plus.

Si le travail de Mitsuru Hongo sur les autre premiers films leur avait assuré une place de choix dans le coeur des fans de la série, le travail de Keiichi Hara propulse ces long-métrages en orbite; son film suivant Sengoku Dai-gassen se paie même le luxe de gagner le grand prix catagorie animée du Japan Media Arts Festival l'année d'après. Les années suivantes il continue de travailler sur Shin-chan mais se consacre aussi à des projets plus persos (ça sera notamment Kappa no Coo to Natsuyasumi en 2007). Le prochain film de celui qui est sans doute l'un des réalisateurs d'anime les plus intéressants de notre époque devrait être Colorful, prévu pour 2010 en collaboration avec le studio Sunrise.

Publication originale :  14 juin 2009 (16:55)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire