lundi 18 avril 2011

Osamu Dezaki : Mort d'une légende

L'annonce, cette nuit, de la mort de Osamu Dezaki consécutive à un cancer des poumons me touche peut-être plus profondément que celles encore toutes récentes de Satoshi Kon, Yoshinori Kanada ou Yoshinobu Nishizaki. Contrairement à ces derniers, dont je suis venu à apprécier l'importance que sur cette dernière décennie, Dezaki incarnait une part de mon enfance par ces grandes séries dont son nom reste inséparable (L'ile au trésor, Rémi, Lady Oscar, Cobra), lesquelles incarnent aussi de parfaits exemples de son style de réalisation dramatique, mis en valeur par ces fameux crayonnés "arrêt sur images" qui ont contribué à rendre ses animes si reconnaissables, et ce même quant on le retrouvait sur des séries où sa participation semblait à priori hors-sujet (je pense aux téléfilms de Lupin III, au final de grande qualité).



Hommage par KillerOrange87

Osamu DEZAKI désirait devenir mangaka; finalement, il fait parti des premiers embauchés quand Tezuka décide de renforcer son studio d'animation Tezuka Osamu Production en 1963, qu'il décide alors de renommer Mushi Production; Dezaki y rencontre entre autres futurs grands noms de l'animation japonaise son futur complice Akio Sugino. Il travaille notamment sur l'animation de Astroboy et de Shin Takarajima, et aussi en collaboration avec TMS pour ce qui sera la première série du jeune studio, tirée d'un des mangas de Tezuka :Big X. il finit par quitter le studio et pour devenir indépendant en 1968. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à travailler pour le compte de Mushi, entre autre à l'animation sur deux des trois Animerama (Senya Ichiya Monogatari et Kanashimi no Belladonna), mais aussi et surtout sur la première série de Ashita no Joe qu'il réalise de 1970 à 1971.
Il fait parti des fondateurs du studio Madhouse en 1972 en compagnie d'autres ex-animateurs de Mushi. Les années qui suivent sont marquées par sa collaboration à plusieurs séries TMS, et la période allant de la seconde moitié des années 70 au début des années 80 est particulièrement riche en titres de grande qualité très connus chez nous; à partir de 77, se succèdent ainsi sur les écrans japonais Rémi sans familleL'ile au trésorLady OscarCobra... il retrouve aussi Ashita no Joe pour une seconde série en 1980. La TMSconnait son age d'or.
Il se fait un peu plus rare lors des années 80; il participe à plusieurs coproductions USA-Japon et fait notamment parti des animateurs de renom qui se seront succédés au chevet de la catastrophique production de Little  Nemo. La décennie qui suit sera plus productive, il revient à un manga de Riyoko IKEDA (Lady Oscar) en 1991 avec la somptueuse série deOniisama e... / Très cher frère, et participe aussi à plusieurs spéciaux de Lupin III entre 1989 et 1995 avant de se concentrer sur ce qui restera une de ses productions emblématiques de cette époque avec le film et les OAV de Black Jack qui l'occupent jusqu'en 2000.
Dans les années 2000 il réalise plusieurs long-métrages Hamtaro avant de revenir à un univers plus proche des contes de fées européen avec le très bon Yuki no Joô. Suivent les films Air et Clannad, lesquels reçoivent un accueil bien moins enthousiaste. A la suit de sa série adaptant le Dit du Genji pour Noitamina, on l'avait vu revenir plus récemment et avec bonheur sur un de ces anciens amours avec la nouvelle série TV de Cobra.
Le site Cobraworld est l'oeuvre d'un passionné et propose une biographie bien plus complète. Voir aussi l'annonce de sa mort sur Manga UK.

Au revoir, monsieur Dezaki. Vous serez sincèrement regretté.


Filmographie :

Anime TV :
Tetsuwan Atom (鉄腕アトム, 1963-66, intervaliste, animateur, dir. technique)
Big X (ビッグX, 1964-65, dir. technique)
Gokū no Daibōken (悟空の大冒険, 1967, dir. technique, dir. animation, animation)
Wanpaku Tanteidan (わんぱく探偵団, 1968, dir. technique)
Dororo (どろろ(, 1969, 各話演出, animation)
Moomin (ムーミン, 1969-70, dir. technique)
Ashita no Joe (あしたのジョー, 1970-71, réalisateur, dir. technique, genga)
Anderson Monogatari (アンデルセン物語, 1971, dir. technique)
Kunimatsu-sama no Otoridai (国松さまのお通りだい, 1971-72, dir. technique)
Lupin III (TV 1) (ルパン三世, 1971-72, storyboard)
Dokonjō Gaeru (ど根性ガエル, 1972-74, inconnu)
Hazedon (ハゼドン, 1972, realisateur)
Jungle Kurobee (ジャングル黒べえ, 1973, dir. technique, storyboard)
Ace o nerae ! (Jeu, set et match) (エースをねらえ!, 1973-74, dir. technique, storyboard)
Karate Baka Ichidan (空手バカ一代, 1973-74, realisateur, storyboard)
Samurai Giants (侍ジャイアンツ, 1973-74, storyboard)
Hajime Ningen Gaatoruzu (はじめ人間ギャートルズ, 1974-76, dir. technique)
Gamba no bouken (ガンバの冒険, 1975, réalisateur, dir. technique, storyboard)
Ganso Tensai Bakabon (元祖天才バカボン, 1975-77, dir. technique, script)
Manga Sekai Mukashi Banashi (まんが世界昔ばなし, 1976-79, réalisateur, dir. technique et chara-design sur plusieurs épisodes)
Ie naki ko (Rémi sans famille) (家なき子, 1977-78, réalisateur, dir. technique, storyboard)
Takarajima (L'ile au trésor) (宝島, 1978-79, dir. technique, storyboard)
Versailles no bara (Lady Oscar) (ベルサイユのばら, 1979-80, réalisateur, storyboard)
Ashita no Joe 2 (あしたのジョー2, 1980-81, dir. technique, storyboard)
Space Cobra (Cobra) (スペースコブラ, 1982-83, réalisateur, storyboard)
Mighty Orbots (マイティ・オーボッツ, 1984, Jap./USA, dir. technique)
Sweet Sea (86, Jap./USA, dir. technique)
Blinkins (87, Jap./USA, dir. technique)
Oniisama e... (Très cher frère) (おにいさまへ…, 1991-92, réalisateur, storyboard)
Tezuka Osamu no Kyūyaku Seisho monogatari (手塚治虫の旧約聖書物語, 1997, réalisateur)
Hakugei (白鯨伝説, 1997-99, réalisateur, storyboard)
Tetsuwan Atom (Astroboy 2003) (アストロボーイ・鉄腕アトム, 2003, storyboard)
Yuki no Joô (雪の女王, 2005-06, réalisateur, storyboard)
Ultraviolet: Code 044 (ウルトラヴァイオレット:コード044, 2008, réalisateur, script, storyboard)
Genji Monogatari Sennenki (源氏物語千年紀 Genji, 2009, réalisateur, script)
Cobra The Animation (2010, storyboards)

Téléfilms :
Shin Takarajima (新宝島, 1965, animation)
Frosty the Snowman (1969, Jap./USA, animation)
Botchan (坊っちゃん, 1980, supervision)
Lupin III Bye Bye Lady Liberty (ルパン三世 バイバイ・リバティー・危機一発!, 1989, réalisateur, stoyboard)
Lupin III Hemingway papers no Nazo (ルパン三世 ヘミングウェイ・ペーパーの謎, 1990, réalisateur, storyboard)
Lupin III Naporeon no Jisho o Ubae (ルパン三世 ナポレオンの辞書を奪え, 1991, réalisateur)
Lupin III Russia yori Ai o Komete (ルパン三世 ロシアより愛をこめて, 1992, réalisateur, storyboard)
Lupin III Harimao no Zaihō o Oe!! (ルパン三世 ハリマオの財宝を追え!!, 1995, réalisateur, storyboard)
Confucius (孔子傳, Jap./Corée, réalisateur)

OVA :
Ace o nerae! 2 (エースをねらえ!2, 1988, supervision, réalisateur, storyboard)
One Pound Gospel (1ポンドの福音, 1988, réalisateur, storyboard)
Kasei Yakyoku (華星夜曲, 1989, réalisateur, storyboard)
Ace o nerae ! Final Stage (エースをねらえ!ファイナルステージ, 1989-90, réalisateur, storyboard)
B.B. (B・B, 1990-91, réalisateur, storyboard)
Syura-no-suke Zan-ma-ken・Shirenmon no Otoko (修羅之介斬魔剣・死鎌紋の男, 1990, réalisateur, storyboard)
Sohryuden (創竜伝, 1991-93, réalisateur, storyboard)
Takarajima Memorial - Yuunagi to Yobareta Otoko (宝島メモリアル 夕凪と呼ばれた男, 1992, réalisateur, script, storyboard)
Golgo 13 Queen Bee (ゴルゴ13〜QUEEN BEE〜, 1998, réalisateur, storyboard)
Black Jack (ブラック・ジャック, 1993-2000, réalisateur, script, storyboard)

Films :
Senya Ichiya Monogatari (千夜一夜物語, 1969, aide)
Kanashimi no Belladonna (哀しみのベラドンナ, 1973, animation)
Ace o nerae gekijouban (エースをねらえ! 劇場版, 1979, réalisateur, storyboard)
Ashita no Joe gekijouban (あしたのジョー 劇場版, 1980, réalisateur)
Ie naki ko gekijouban (家なき子 劇場版, 1980, réalisateur)
Ashita no Joe 2 gekijouban (あしたのジョー 劇場版, 1981, réalisateur, script, storyboard)
Cobra Space Adventure (コブラ SPACE ADVENTURE, 1982, réalisateur, storyboard)
Golgo 13 (ゴルゴ13, 1983, réalisateur, storyboard)
Bôkensha-tachi Gamba to 7-hiki no Nakama (冒険者たち ガンバと7匹のなかま, 1984, réalisateur)
Takarajima (宝島, 1987, supervision)
Black Jack (ブラック・ジャック, 1996, réalisateur, storyboard)
Hamtaro : Hamu Hamu Rando Daibouken (劇場版とっとこハム太郎「ハムハムランド大冒険」, 2001, réalisateur, storyboard)
Hamtaro : Hamu Hamu Hamu Maboroshi no Purincess (劇場版とっとこハム太郎「ハムハムハムージャ!幻のプリンセス」, 2002, réalisateur, storyboard)
Hamtaro : Hamu Hamu Guran Purin (劇場版とっとこハム太郎「ハムハムグランプリン オーロラ谷の奇跡」, 2003, réalisateur, storyboard)
Hamtaro : Hamutaro to Fushigi no Oni no Ehon Tou (劇場版とっとこハム太郎「ハム太郎とふしぎのオニの絵本塔」, 2004, réalisateur, storyboard)
Air (2005, réalisateur, storyboard)
Clannad (2007, réalisateur, storybard)

dimanche 17 avril 2011

My Little Pony #23 : The Cutie Mark Chronicles


Et Pinkie Pie découvrit le LSD

Enfin, l'épisode que tous les diabétiques du fandom attendaient : une nouvelle tentative ratée de plus conduit nos trois petites boulettes AppleBloom/SweetieBelle/Scootaloo à se concerter sur la stratégie à tenir et en viennent à conclure qu'enquêter auprès de la génération précédente afin de déterminer la manière dont leurs ainées ont obtenues leur cutie mark leur permettrait peut-être (enfin) d'avancer. S'ensuit une série de flashbacks mettant en scène Twilight, Rainbow Dash et les autres quant elles étaient jeunes poneys.

Massive fanservice ensues.
 
On verra donc une Fluttershy maigrelette comme un agneau de trois jours découvrir son amour des bêtes ("you'd never guess but when I was little I was pretty shy", oh Fluttershy, quelle farceuse), l'enfance de Pinkamena Diane Pie chez les poneys amish, la première manifestation des pouvoirs de Twilight et son entrée à la School for Gifted Unicorns du Professeur Xavierlestia, l'origine de Spike, Applejack partir pour la grande ville de Mane-hattan telle une Kiki équine ou encore Rainbow Dash réussir son premier sonic rainboom.

Artiste : Noben

Malgré quelques milliers de crises de diabètes donc induites chez les spectateurs, un bon épisode venant encore un peu plus creuser la personnalité de nos protagonistes en revenant sur un évenement fondateur de leur enfance. A la rigueur pourra-t'on juste reprocher un numéro musical (feat. Fluttershy) un peu faiblard - pour l'instant, rien n'est venu vraiment égaler winter wrap up à ce chapitre parmi les derniers épisodes en date, même pas le fameux numéro de Pinkie, celui qui servit de déclencheur à une nouvelle guerre indienne. Contrairement à l'épisode de la semaine dernière, chaque poney y a l'occasion de briller (Rainbow un peu plus que les autres). Les paranos y verront une confirmation supplémentaire que les intentions malignes de Trollestia envers Twilight/JeanGrey remontent à des années en arrière. Quel peut être son master plan ? UTILISER TWILIGHT POUR ORGANISER UNE ARMEE DE DRAGONS GEANTS ? *musique dramatique*

Et l'épisode commence déjà à inspirer le fanon avec des trouvailles géniales - mais là on commence à faire vraiment dans l'obscur pour le non-fan. C'est assez fantastique de voir grandir jour après jour la densité de ce qui est imaginé par les fans autours de la série, et ce alors que la première saison n'est toujours pas finit.

Script : M. A. Larson (Swarm of the century, Sonic rainboom)
MLP:FiS wiki

Liens épisode :
Pensive Pony
Version HD


Accessoirement : ça y est, les premiers épisodes commencent à être fansubbés en français.






samedi 9 avril 2011

My Little Pony #22 : A Bird in the Hoof


 L'épisode de la semaine est sponsorisé par Angel : It's Pony time !

Panique chez les poneys, Celestia est descendue de son Minas Tirith prendre le thé chez ses braves sujets, lesquels semblent avoir du mal à supporter l'irruption d'autant de noblesse dans leur entourage immédiat. Résultat : Rarity menace d'éxécuter sommairement le premier qui viendra effleurer d'un sabot sa robe, Rainbow Dash désespère de perturber des gardes ayant effectuer leur stage de formation chez la garde royale anglaise ("You are good... too good. I'm bored."), et Fluttershy n'ose pas poser un sabot à l'intérieur du salon de thé. Comme d'habitude, Pimkie Pie est la seule à rester imperturbable et se paie même le luxe de piquer un cupcake d'entre les sabots de Celestia, provquant au passage plusieurs crises cardiaques dans l'assistance - dont Twilight, laquelle était déjà une boule de nerfs à deux doigts d'exploser.

Le pire survient en fait après le départ de Celestia, quand il est découvert que celle-ci est partie en oubliant Philomena, son animal familier derrière elle - une pathétique boule de plumes ayant atteint le dernier stade de la déliquescence - et que ledit animal a été récupéré en loucedé par une Fluttershy décidé à tenter de soigner le grand malade au mieux et à grands coups de médicaments, d'aromathérapie, de soupe bien chaude et de sauna. Entre deux coups de sang et un début de dépression où elle s'imagine déjà condamnée à l'exil ou au cachot pour trahison, Twilight décide de donner un coup de main à une Fluttershy un peu dépassée face la bestiole. Pauvre Fluttershy, même les animaux la maltraite. Face aux méthodes un peu plus nazillones de l'équidé violet, Philomena finit par comprendre que son salut est dans la fuite et c'est ainsi que débute une séquence-hommage à un classique de l'humour anglais...





L'épisode prends fin avec le retour de Celestia venue récupérer son étrange piaf, et la révélation de la véritable nature de celui-ci. Et personne ne finit au cachot. Ce coup-ci.

Cet épisode aura au moins confirmé une chose :

Troll Celestia is best Celestia

Même l'animal familier est un troll en puissance. Les deux ont quand même sciemment ommis de mentionner la vraie nature de Philomena aux poneys et ont probablement laissé faire afin de voir quelqu'un tenter de sauver la pauvre bestiole : Hilarity ensues. Semaine après semaine, la véritable nature taquine du Tyrant de Equestria devient un peu plus évidente.

Globalement, un bon épisode signé Charlotte Fullerton (Look Before You Sleep, Suited for Success) et jouant sur les contrastes du duo Fluttershy/Twilight (en particulier dans leur approche des soins médicaux aux animaux nécessiteux). C'est aussi sans doute la première fois que Angel le lapin a droit à un temps de présence à l'écran aussi conséquent, et le bougre en profite.

Direction : Jayson Thiessen
Script : Charlotte Fullerton
MLP:FiS wiki





Down Load : Namu Amida Butsu wa Ai no Uta (Rintaro x Kanada)


Sur une période d'un peu plus d'une dizaine d'années, entre son sketch Labyrinthos de Manie Manie (1987) et X (1996), Rintaro va exercer principalement son talent sur le marché des OAV en dirigeant plusieurs adaptations au sein des studios de Madhouse : d'un shôjo manga avec Bride of Deimos en 88, de Miyazawa Kenji avec Kaze no Matasaburo la même année, de la série de romans historico-fantastique Teito Monogatari de Hiroshi Aramata en 91, du manga pulp/occulte Shin Kujaku-oh ou le jeu vidéo Final Fantasy en 94. 

C'est d'ailleurs avec cette adaptation un peu tombée dans un oubli injuste du célèbre jeu de Square Soft que cette OAV de Down Load de 1992 partage le plus de points communs, notamment via une bonne partie de son staff : Hidetoshi Kaneko à la direction artistique, l'animateur Kunihiko Hamada ou Hitoshi Yamaguchi à la photo, autant de réguliers aux productions de Rintaro, mais aussi et surtout Yoshinori Kanada à l'animation.

A noter aussi la participation à cette aventure de Tatsuyuki Tanaka, futur artiste superflat et papa de Cannabis Works. Il est d'ailleurs revenu plus tard sur cet épisode lors d'une interview accordée au webzine Anime Web Style et où il raconte comment, bien que commençant alors à être lassé de son travail d'animateur et désireux de se réorienter vers l'illustration, il décida de participer à l'OAV par admiration pour Kanada.


(comme souvent, un grand merci à SUTEAKA)

Namagusabôzu (c'est à dire techniquement un bonze, mais loin d'avoir renoncé aux plaisirs de la chair) au temple Kisshôji le jour, super-hacker la nuit, Sid est aussi un des habitué assidus du bar Suzie Wong où il a tout loisir de se fritter avec la faune locale de bikers pour les beaux yeux de leur volupteuse danseuse exotique Namiho, et ce au grand désarroi de sa jeune copine Yoko. Une petite vie bien rangée qui va se voir bousculée quand sa bonne ville de moonlight City va se voir perturbée par plusieurs cas de suicides d'ados ayant fait l'erreur de télécharger un programme assassin, le Death Mail. Très vite, méga-corporations aux intérêt nébuleux et séduisantes espionnes industrielles viennent compliquer une affaire que seul notre super-hacker Sid semble pouvoir résoudre...

Point de grande course-poursuite à la Birth atteignant des durées épiques ici (ou alors vraiment à la toute fin et pour la bonne bouche). Contrairement à cet autre grand classique dans la filmo de Kanada, Down Load se focalise plus sur l'intrigue, l'atmosphère et les gags - souvent visuels. Ce qui donne l'impression d'un anime à cheval sur deux tendances : d'une part l'anime comique des 80s dans la lignée d'un Urusei Yatsura (bastons "cartoon", déformations corporelles humoristiques, grande séquence d'action finale)  et d'autre part des designs plus réalistes, dans la lignée de ceux d'Akira.

Parallemement à une programmation télévisée un peu morne et à la montée du style bishôjo (Sailor Moon) qui sera plébéscité par les otakus, le marché des OAV du début des années 90s servait encore régulièrement de champs d'expérimentation à des approches plus matures de l'animation, dans la lignée d'un Akira - par un graphisme à la fois réaliste et simple à animé principalement, mais aussi par l'utilisation récurrente de certains facteurs tels que les univers "punks" ou les références culturelles et/ou historiques... Dans le cas de Down Load, on peux aussi citer l'utilisation d'une superbe BO "blues", signée Hiroshi Kamayatsu, légende historique de la musique pop au Japon. 

On peux citer Gosenzosama Banbanzai ou The Hakkenden au sein de cette tendance à vouloir tirer l'anime vers un public plus large que juste les enfants ou les otakus - il me parait d'ailleurs significatif de voir un Shinichirô Watanabe diriger ses premières OAV ces années-là avec The 08th Team ou Macross; même s'il s'agit de licences "fan", l'approche cinématographique me semble s'inscrire dans le même désir de sortir d'un ghetto et de s'adresser à un plus large public.

Des extraits de cette OAV mythique avait été diffusés en dans le cadre de l'émission L'oeil du cyclone spécial animation japonaise en 1994, mais une sortie chez nous (ou même une ressortie au Japon sur DVD ou BD) reste hélas du domaine de l'hypothétique.
 
Liens :

A la manière d'un Final Fantasy, j'ai longtemps supposé que Down Load était une adaptation de jeu vidéo - mais sans réussir à trouver de source pour le prouver.

En effet, L'OAV est produite par Nec Avenue, or, si on regarde la ludothèque de la PC-Engine ces années-là, on tombe sur une série de deux shoot'em up assez connue chez les amateurs de la console. Alors donc, supposition qui tient la route ou juste un délire ? Si quelqu'un a la réponse, je suis preneur.

Voir :

 

 

samedi 2 avril 2011

Manga Kunoichi, mars 2010 éd. - Gaia Kitan, Zannen Kunoichi Den, Nintou Homuraden et fin de Kunoichi Mahôden

C'est bien beau d'ouvrir un nouveau blog, mais je n'y ai même pas encore traité d'un de mes sujets fétiches, il fallait que je corrige ça.

Le manga de kunoichi n'existe pas en tant que genre mais on peux toutefois repérer des schémas récurrents : le ton, soit parodique/comique, soit sérieux; l'époque, le plus souvent soit moderne soit moyen-ageuse avec une forte représentation de l'époque Sengoku (une légende répandue veut que Mochizuki Chiyome, une dame de la noblesse ayant appartenue au camp de Takeda Shingen, ait créé au bénéfice de ce dernier un réseau d'espionnage exclusivement féminin en recrutant des orphelines victimes des troubles de l'époque des royaumes combattants et en leur fournissant une éducation poussée, allant de la comédie ou les connaissances permettant de se faire passer pour une miko itinérante, jusqu'au combat et à l'assassinat). Enfin, une sous-catégorie non-négligable d'héroines super-powered en costume est plus spécifiquement basé sur le tokusatsu (voir Hengen Sennin Asuka).

On retrouve un peu de tous ces thèmes dans les titres qui suivent.




Gaia Kitan (鎧亜騎譚) de KOMIYA Toshimasa vol. 1

10 ans à peine après la bataille de Sekigahara, les troubles continuent dans un archipel passé sous la coupe d'un Ieyasu Tokugawa qui n'hésite pas à continuer de mettre des villages entiers à feu et à sang à l'aide de ses troupes mécanisées. Le manga débute par la rencontre entre Saizô, une orpheline de guerre élevée par le clan ninja Iga ayant un sérieux compte à rêgler avec les troupes de Tokugawa et l'enfer qu'ils lui ont fait subir étant enfant, et un Sanada Yukimura qui n'a toujours pas abandonné et semblant déterminé à trouver le moyen d'assassiner Ieyasu.


Dans la légende, Yukimura est souvent accompagné d'un groupe de dix ninjas à ses ordres. Le gag c'est que l'idée est repris ici, et la majeure partie de ce premier tome est consacré à le voir recruter au fur et à mesure ledit groupe afin de pouvoir mettre son plan à éxécution.

Selon cette logique, l'héroine et son premier compagnon est Kirigakure Saizô - justement souvent représenté dans la culture pop comme étant le personnage classe, un peu féminin par rapport à son grand rival Sarutobi Sasuke, représentant lui le pôle masculin. Le hic c'est que certaines versions de la légende présentent Saizô comme un espion de Tokugawa qui serait passé au camp de Toyotomi - que celà permette d'anticiper sur un futur twist scénaristique ou non reste à voir. Saizô et Yukimura seront rejoints par Miyoshi Seikai, qui devient ici un vieux vétéran toujours surpuissant mais atteint parfois de sénilité précoce tandis que Miyoshi Isa devient une gamine turbulente petite soeur de ce dernier. Enfin, Yuri Kamanosuke est une magnifique jeune femme, et son compagnon Kakei Jûzô ne se sépare jamais de son mousquet.


Les troupes de Tokugawa utilisent des sortes d'exo-squelettes en forme d'armure ô-yoroi démesurées et fonctionnant à la magie. Pour se battre, Saizô utilise une technique lui permettant de matérialiser une gigantesque épée et des bouts d'armure.
Ayant récemment terminé le manga Kaze et étant fan de certains titres très orientés gore et fantastique des années 90, j'avoue être assez fan de ce genre de design moyen-age nippon + cyberpunk + démon. J'hésite à appeler ça du samourai-punk, je reviendrai peut-être là-dessus dans un billet ultérieur.

Le mangaka avait débuté sa carrière sur la version manga de Kite Liberator en 2007, lui aussi publié dans les pages du Comics Valkyrie. Mais parallèlement, il avait aussi commencé à développer l'idée de ce Gaia Kitan via les nombreux dôjinshis [HtE] édités par son cercle Moonsorrow, et où on peut trouver très tôt les premières esquisses du protoype de l'héroine de cette nouvelle série. Son principal atout ? Et bien, que les dessins sont de bonne qualité, détaillés et abusant d'effets ultra-tramés, mais sans pour autant afficher un sens artistique particulier qui les distinguent de la masse. Même la baston est moyenne, et pour l'instant ça manque cruellement de grands duels mémorables et bourrés d'enjeux. A suivre quand même, après tout Oh!Great ne s'est pas construit en un seul jour.

Sa page Pixiv se trouve là.




Kunoichi Mahôden (くノ一魔宝伝) vol. 1-6

Un de mes chouchous ces dernières années a donc pris fin l'été dernier,  toujours avec YAMAGUCHI Masakazu aux pinceaux (pas grand chose de très connu de lui intra comme outre-Archipel; à défaut Birth, pour ceux qui connaissent - les autres, vous ne manquez pas grand chose). C'est donc la fin de la quête de Shion pour venger sa famille, massacrée des ninjas renégats désireux de mettre la main sur le trésor perdu des Toyotomi. Elle a enfin réussi à retrouver les traces des cinq autres jeunes filles dispersées des années auparavant à travers tout le Japon et sur le corps desquelles, comme sur le sien, avaient été tatoué les indices menant à ce trésor... enfin, toutes sauf une, qui reste introuvable. Mais le machiavélique Karura, le monstre ayant pris le contrôle du clan ninja banma et ordonné l'éxécution des parents de Shion ainsi que la chasse au trésor des Toyotomi, force le cours des évenements et vient défier la jeune fille. L'heure du combat final est arrivée, et les cinq jeunes filles décident de prendre d'assaut le chateau de leur ennemi et d'affronter à elles seules les forces réunies soutenant ce dernier. Evidemment, ce final est marqué par son lot de révélations et de coups de théatres, comme l'identité de la dernière porteuse du fameux tatouage. Même un Jubê toujours aussi monolithique sera de la fête en mettant "sa force de mille hommes" au service des femmes. Qu'il est grand ce Jubê, façon Tomisaburo Wakayama mais en jeune.



Voilà, alors oui j'ai vraiment bien aimé ce Kunoichi Mahôden, pas seulement pour son orientation souvent gauloise et ses dessins plutôt de bonne qualité. J'ai cité le nom de Tomisaburo Wakayama à l'instant, c'est bel et bien ça, j'aime ce titre parce qu'il essaie de restituer cette ambiance de film de chambara et cette haute teneur en drame humain, de noirceur et de destinée inéluctable du gekiga. Shion et ses compagnes ont connus leur lot de tragédie mais continuent de se battre pour survivre; c'est cette ambiance de combat désespéré pour la survie qui me rappelle des classiques comme un Kamui-den. Oui, j'ai conscience de survendre ce qui est un jidai-geki gaulois et assez moyen mais avec des jolies kunoichi, bear with it.

Les premières pages sont consultables via ce lien officiel.




Zannen Kunoichi Den (残念くのいち伝) par Kaishaku vol. 1

Du Kaishaku. Je sais, c'est mal.

Je n'ai pas pris le temps de traduire le nom de l'héroine, donc nous l'appelerons Chikane. Alors donc c'est l'histoire de Chikane qui après avoir intégré une nouvelle école, tombe amoureuse de sa blonde et doit la sauver de tous les vilains qui en ont après elle. Coup de chance, appartenant à une organisation secrète de ninja protégeant le Japon depuis des temps immémoriaux, elle peut se transformer en super guerrier(e) dans son armure super légère mais très high-tech quand même, teinture incluse. Sauf qu'elle découvre que sa blonde est une trap (zannen !), mais décide de la protéger quand même. J'ai dû arrêter de suivre à ce niveau...



"Success is the ability to go from failure to failure without losing your enthusiasm", proclame la ouverture de ce titre-là. Il n'y a pas vraiment matière à spéculer des heures sur ce que Churchill pourrait trouver dire sur ce titre. On a notre héroine façon tokusatsu en armure ninja futuriste bodytight, des gags et un ton pas vraiment sérieux : j'avoue que je ne vois pas vraiment où le titre veut en venir. Les toutes dernières pages du premier tankoubon laissent deviner la possibilité d'une menace plus sérieuse, donc il faudra acheter le prochain tome pour en savoir plus... râh les fumiers.

Le site officiel se trouve par là.


Nintou Homuraden (忍闘炎伝) de HASEGAWA Yuuichi

Vous vous souvenez peut-être du mangaka comme de l'auteur du très anecdotique MAPS, dont l'adaptation en OAV fit chez nous les beaux jours d'un éditeur Kaze alors balbutiant; série Maps edité à l'origine dans les années 80 et sur laquelle il état d'ailleurs revenu dans les années 2000 avec une suite nommée Maps Nextseed. Il y aurait probablement un article à écrire sur les intéractions du bonhomme avec la série des Super Robot Taisen, ses zélotes poussant pour faire reconnaitre l'idée qu'il fut l'une des inspirations de la série avec son manga crossover Gundam vs Idéon en 90...

Publié à la fin des années 90 dans le même magazine Comic Nora que sa série à succès de gynoides cartographes et pirates de l'espaaaace, Nintou Homuraden met en scène une autre héroine de type toku mais se rapproche plus dans le ton d'une série telle que Inuyasha : six démons occidentaux terrorisent le Japon de l'ère Sengoku qu'ils souhaitent plonger dans un chaos éternel, c'est à la jeune Hanabi du groupe de ninja Kugen ( 紅幻衆) de les exterminer en utilisant une technique lui permettant de se transformer en ninja ultime...


Oui, l'arme de choix de ladite forme ultime est une toupie. Parfaitement.

Je garde un souvenir quelconque de ce titre. Sa grande réussite, ce sont les combats bien menés où les protagonistes finissent toujours par triompher mais d'un cheveu et en ayant frôler la mort; c'est cette tension qui me semble séparer les mangaka old-school des jeunots, auxquels on ne demande bien souvent que de savoir bien dessiner. Par contre, le manque d'originalité de ce titre est flagrant, encore un qui a voulu surfer sur cette vague de titres mêlant époque médiévale et démons, sans vraiment introduire d'autres idées, de nouveaux concepts qui valent le coup.

Plus d'images par là (protégées par des pseudo balises spoilers). Voir aussi sur le site officiel de l'auteur.



En débutant de ce billet je m'étais fixé aussi comme objectif de parler de la trad VF de Manyuu Hiken Cho chez Ankama, mais j'avoue que les mots me manquent. Malgré mon passif peu glorieux, le manga me laisse indifférent, je préfère donc laisser des passionnés en parler à ma place.