samedi 2 avril 2011

Manga Kunoichi, mars 2010 éd. - Gaia Kitan, Zannen Kunoichi Den, Nintou Homuraden et fin de Kunoichi Mahôden

C'est bien beau d'ouvrir un nouveau blog, mais je n'y ai même pas encore traité d'un de mes sujets fétiches, il fallait que je corrige ça.

Le manga de kunoichi n'existe pas en tant que genre mais on peux toutefois repérer des schémas récurrents : le ton, soit parodique/comique, soit sérieux; l'époque, le plus souvent soit moderne soit moyen-ageuse avec une forte représentation de l'époque Sengoku (une légende répandue veut que Mochizuki Chiyome, une dame de la noblesse ayant appartenue au camp de Takeda Shingen, ait créé au bénéfice de ce dernier un réseau d'espionnage exclusivement féminin en recrutant des orphelines victimes des troubles de l'époque des royaumes combattants et en leur fournissant une éducation poussée, allant de la comédie ou les connaissances permettant de se faire passer pour une miko itinérante, jusqu'au combat et à l'assassinat). Enfin, une sous-catégorie non-négligable d'héroines super-powered en costume est plus spécifiquement basé sur le tokusatsu (voir Hengen Sennin Asuka).

On retrouve un peu de tous ces thèmes dans les titres qui suivent.




Gaia Kitan (鎧亜騎譚) de KOMIYA Toshimasa vol. 1

10 ans à peine après la bataille de Sekigahara, les troubles continuent dans un archipel passé sous la coupe d'un Ieyasu Tokugawa qui n'hésite pas à continuer de mettre des villages entiers à feu et à sang à l'aide de ses troupes mécanisées. Le manga débute par la rencontre entre Saizô, une orpheline de guerre élevée par le clan ninja Iga ayant un sérieux compte à rêgler avec les troupes de Tokugawa et l'enfer qu'ils lui ont fait subir étant enfant, et un Sanada Yukimura qui n'a toujours pas abandonné et semblant déterminé à trouver le moyen d'assassiner Ieyasu.


Dans la légende, Yukimura est souvent accompagné d'un groupe de dix ninjas à ses ordres. Le gag c'est que l'idée est repris ici, et la majeure partie de ce premier tome est consacré à le voir recruter au fur et à mesure ledit groupe afin de pouvoir mettre son plan à éxécution.

Selon cette logique, l'héroine et son premier compagnon est Kirigakure Saizô - justement souvent représenté dans la culture pop comme étant le personnage classe, un peu féminin par rapport à son grand rival Sarutobi Sasuke, représentant lui le pôle masculin. Le hic c'est que certaines versions de la légende présentent Saizô comme un espion de Tokugawa qui serait passé au camp de Toyotomi - que celà permette d'anticiper sur un futur twist scénaristique ou non reste à voir. Saizô et Yukimura seront rejoints par Miyoshi Seikai, qui devient ici un vieux vétéran toujours surpuissant mais atteint parfois de sénilité précoce tandis que Miyoshi Isa devient une gamine turbulente petite soeur de ce dernier. Enfin, Yuri Kamanosuke est une magnifique jeune femme, et son compagnon Kakei Jûzô ne se sépare jamais de son mousquet.


Les troupes de Tokugawa utilisent des sortes d'exo-squelettes en forme d'armure ô-yoroi démesurées et fonctionnant à la magie. Pour se battre, Saizô utilise une technique lui permettant de matérialiser une gigantesque épée et des bouts d'armure.
Ayant récemment terminé le manga Kaze et étant fan de certains titres très orientés gore et fantastique des années 90, j'avoue être assez fan de ce genre de design moyen-age nippon + cyberpunk + démon. J'hésite à appeler ça du samourai-punk, je reviendrai peut-être là-dessus dans un billet ultérieur.

Le mangaka avait débuté sa carrière sur la version manga de Kite Liberator en 2007, lui aussi publié dans les pages du Comics Valkyrie. Mais parallèlement, il avait aussi commencé à développer l'idée de ce Gaia Kitan via les nombreux dôjinshis [HtE] édités par son cercle Moonsorrow, et où on peut trouver très tôt les premières esquisses du protoype de l'héroine de cette nouvelle série. Son principal atout ? Et bien, que les dessins sont de bonne qualité, détaillés et abusant d'effets ultra-tramés, mais sans pour autant afficher un sens artistique particulier qui les distinguent de la masse. Même la baston est moyenne, et pour l'instant ça manque cruellement de grands duels mémorables et bourrés d'enjeux. A suivre quand même, après tout Oh!Great ne s'est pas construit en un seul jour.

Sa page Pixiv se trouve là.




Kunoichi Mahôden (くノ一魔宝伝) vol. 1-6

Un de mes chouchous ces dernières années a donc pris fin l'été dernier,  toujours avec YAMAGUCHI Masakazu aux pinceaux (pas grand chose de très connu de lui intra comme outre-Archipel; à défaut Birth, pour ceux qui connaissent - les autres, vous ne manquez pas grand chose). C'est donc la fin de la quête de Shion pour venger sa famille, massacrée des ninjas renégats désireux de mettre la main sur le trésor perdu des Toyotomi. Elle a enfin réussi à retrouver les traces des cinq autres jeunes filles dispersées des années auparavant à travers tout le Japon et sur le corps desquelles, comme sur le sien, avaient été tatoué les indices menant à ce trésor... enfin, toutes sauf une, qui reste introuvable. Mais le machiavélique Karura, le monstre ayant pris le contrôle du clan ninja banma et ordonné l'éxécution des parents de Shion ainsi que la chasse au trésor des Toyotomi, force le cours des évenements et vient défier la jeune fille. L'heure du combat final est arrivée, et les cinq jeunes filles décident de prendre d'assaut le chateau de leur ennemi et d'affronter à elles seules les forces réunies soutenant ce dernier. Evidemment, ce final est marqué par son lot de révélations et de coups de théatres, comme l'identité de la dernière porteuse du fameux tatouage. Même un Jubê toujours aussi monolithique sera de la fête en mettant "sa force de mille hommes" au service des femmes. Qu'il est grand ce Jubê, façon Tomisaburo Wakayama mais en jeune.



Voilà, alors oui j'ai vraiment bien aimé ce Kunoichi Mahôden, pas seulement pour son orientation souvent gauloise et ses dessins plutôt de bonne qualité. J'ai cité le nom de Tomisaburo Wakayama à l'instant, c'est bel et bien ça, j'aime ce titre parce qu'il essaie de restituer cette ambiance de film de chambara et cette haute teneur en drame humain, de noirceur et de destinée inéluctable du gekiga. Shion et ses compagnes ont connus leur lot de tragédie mais continuent de se battre pour survivre; c'est cette ambiance de combat désespéré pour la survie qui me rappelle des classiques comme un Kamui-den. Oui, j'ai conscience de survendre ce qui est un jidai-geki gaulois et assez moyen mais avec des jolies kunoichi, bear with it.

Les premières pages sont consultables via ce lien officiel.




Zannen Kunoichi Den (残念くのいち伝) par Kaishaku vol. 1

Du Kaishaku. Je sais, c'est mal.

Je n'ai pas pris le temps de traduire le nom de l'héroine, donc nous l'appelerons Chikane. Alors donc c'est l'histoire de Chikane qui après avoir intégré une nouvelle école, tombe amoureuse de sa blonde et doit la sauver de tous les vilains qui en ont après elle. Coup de chance, appartenant à une organisation secrète de ninja protégeant le Japon depuis des temps immémoriaux, elle peut se transformer en super guerrier(e) dans son armure super légère mais très high-tech quand même, teinture incluse. Sauf qu'elle découvre que sa blonde est une trap (zannen !), mais décide de la protéger quand même. J'ai dû arrêter de suivre à ce niveau...



"Success is the ability to go from failure to failure without losing your enthusiasm", proclame la ouverture de ce titre-là. Il n'y a pas vraiment matière à spéculer des heures sur ce que Churchill pourrait trouver dire sur ce titre. On a notre héroine façon tokusatsu en armure ninja futuriste bodytight, des gags et un ton pas vraiment sérieux : j'avoue que je ne vois pas vraiment où le titre veut en venir. Les toutes dernières pages du premier tankoubon laissent deviner la possibilité d'une menace plus sérieuse, donc il faudra acheter le prochain tome pour en savoir plus... râh les fumiers.

Le site officiel se trouve par là.


Nintou Homuraden (忍闘炎伝) de HASEGAWA Yuuichi

Vous vous souvenez peut-être du mangaka comme de l'auteur du très anecdotique MAPS, dont l'adaptation en OAV fit chez nous les beaux jours d'un éditeur Kaze alors balbutiant; série Maps edité à l'origine dans les années 80 et sur laquelle il état d'ailleurs revenu dans les années 2000 avec une suite nommée Maps Nextseed. Il y aurait probablement un article à écrire sur les intéractions du bonhomme avec la série des Super Robot Taisen, ses zélotes poussant pour faire reconnaitre l'idée qu'il fut l'une des inspirations de la série avec son manga crossover Gundam vs Idéon en 90...

Publié à la fin des années 90 dans le même magazine Comic Nora que sa série à succès de gynoides cartographes et pirates de l'espaaaace, Nintou Homuraden met en scène une autre héroine de type toku mais se rapproche plus dans le ton d'une série telle que Inuyasha : six démons occidentaux terrorisent le Japon de l'ère Sengoku qu'ils souhaitent plonger dans un chaos éternel, c'est à la jeune Hanabi du groupe de ninja Kugen ( 紅幻衆) de les exterminer en utilisant une technique lui permettant de se transformer en ninja ultime...


Oui, l'arme de choix de ladite forme ultime est une toupie. Parfaitement.

Je garde un souvenir quelconque de ce titre. Sa grande réussite, ce sont les combats bien menés où les protagonistes finissent toujours par triompher mais d'un cheveu et en ayant frôler la mort; c'est cette tension qui me semble séparer les mangaka old-school des jeunots, auxquels on ne demande bien souvent que de savoir bien dessiner. Par contre, le manque d'originalité de ce titre est flagrant, encore un qui a voulu surfer sur cette vague de titres mêlant époque médiévale et démons, sans vraiment introduire d'autres idées, de nouveaux concepts qui valent le coup.

Plus d'images par là (protégées par des pseudo balises spoilers). Voir aussi sur le site officiel de l'auteur.



En débutant de ce billet je m'étais fixé aussi comme objectif de parler de la trad VF de Manyuu Hiken Cho chez Ankama, mais j'avoue que les mots me manquent. Malgré mon passif peu glorieux, le manga me laisse indifférent, je préfère donc laisser des passionnés en parler à ma place.

2 commentaires:

  1. Manyuu Hiken Cho, ce ne serait pas La Paire et le Sabre, par hasard ? Mon libraire m'en a parlé ; lui qui se fait fort de lire toutes les nouvelles séries pour les conseiller (ou pas) à ses clients a été atterré par la qualité de ce... truc. Et il n'a pas hésité à nous en parler ^^'

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  2. Complètement. Et j'avoue que je trouve l'annonce de l'adaptation animée encore plus atterrante.
    Je veux dire, faire un manga autours d'un gag, okay, mais lui consacré le budget conséquent nécessaire à une série animée et alors que plein d'autres titres seraient bien plus pertinents, c'est une raison supplémentaire d'alimenter mon pessimisme autours de l'industrie animée actuelle.

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